Lotus d'or du meilleur film
Mourning/Querelles de Morteza Farshbaf
Lotus du jury
Baby Factory de Eduardo Roy Jr
Prix de la critique
Himizu de Sono Sion
(Mention spéciale à Mourning/Querelles)
Lotus Action Asia
Wu Xia de Peter Ho-Sun Chan
11 mars 2012
Le Palmarès
Libellés :
Action Asia,
Compétition officielle
Le Palmarès de la rédaction !
La rédaction de FilmDeCulte a visionné tous les films en compétition - oui tous! Et vous propose en exclusivité son palmarès rêvé. Lancez les danses de geishas, c'est parti!

Nicolas Bardot
Aneka Award - Lotus du Meilleur Film: Himizu
Prix du Jury: Baby Factory & Saya Zamurai, ex-aequo
Prix Action Asia: The Raid
Gregory Coutaut
Aneka Award - Lotus du Meilleur Film: Himizu
Prix du Jury: Baby Factory
Action Asia: The Raid & The Sword Identity, ex-aequo

Nicolas Bardot
Froggy Mix Award - Papier Lotus du pire film: Death is my Profession
Gregory Coutaut
Froggy Mix Award - Papier Lotus du pire film: Beautiful Miss Jin
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Action Asia,
Compétition officielle
Himizu
Sumida est un lycéen dont l’unique ambition est de devenir un homme ordinaire. Son père, qui a quitté le foyer depuis longtemps, réapparaît de temps à autre lorsqu’il a besoin d’argent. Sa mère s’est enfuie avec son amant, laissant le jeune homme sans rien ni personne sur qui pouvoir compter. Réalisant que son rêve ne pourra jamais être exaucé, Sumida devient obsédé par les sanctions qu’il pourrait prendre contre les personnes malfaisantes qui l’entourent.
Après ses récents Cold Fish et Guilty of Romance, le Japonais Sono Sion complète son portrait de famille avec Himizu. Cold Fish comme Guilty of Romance saccageaient quelques images d’Épinal nippones: le premier questionnait le rôle du père de famille et la place du viril, le second se penchait sur le sort de la femme japonaise, de l'épouse soumise à la maîtresse femme. Sono Sion n'y va jamais avec le dos de la cuillère, mais ses farces portent, au-delà de leur outrance, un regard acéré sur des hommes et des femmes d'aujourd'hui. Himizu s'intéresse cette fois aux enfants, et est plus que jamais en prise avec notre monde: la catastrophe traversée par le Japon en mars dernier est au centre du récit.
Je connais tout, hormis moi-même. Les jeunes ados de Himizu s'en remettent aux vers de François Villon, un bond dans le temps qui ne fait pas peur à Sono Sion dont les narrations sont toujours aussi aventureuses, de ruptures de ton en labyrinthes du récit. Sumida, gueule blafarde de Robert Pattinson nippon, vient d'une famille détruite. Les ruines autour de Fukushima, ce sont également celles de son cœur et de sa colère. Du désastre est née une pulsion de mort: Sumida rêve que sur les ruines, il trouve une arme pour se tuer. Dans une société écrasante de conformisme, quel avenir pour le jeune garçon ? Sumida mène un combat: en lutte contre l'effacement progressif (noyé dans l'eau, recouvert de terre dans une tombe creusée pour un autre), il se badigeonne de couleurs et devient une tache multicolore dans la ville japonaise, une tache qui hurle et qui court. Comme dans Cold Fish et Guilty..., Himizu raconte des personnages en lutte contre ce que la société attend d'eux. Le professeur, en classe, attend que ses élèves, comme tout Japonais, se lèvent face au désastre. Et ceux qui ne le peuvent pas ? Ou ne le souhaitent plus ? Comment devenir libre, trouver son identité propre dans un tel marasme, national ou familial ? Sono Sion n'offre pas de réponse réconfortante, privilégie la claque à la caresse, mais pourtant, parfois, le bonheur est esquissé, au moins imaginé.
L'ombre poète, punk et contestataire de Koji Wakamatsu planait déjà sur les précédentes œuvres furieuses de Sono Sion, lui-même poète. Le cinéaste poursuit le geste avec ce chant désespéré qui tourne au hurlement. Himizu est probablement son œuvre la plus émouvante. On sait déjà qu'on oubliera pas de sitôt les derniers instants de ce grand film. Trouvera t-il enfin la place qu'il mérite dans les salles françaises ?
6/6
Après ses récents Cold Fish et Guilty of Romance, le Japonais Sono Sion complète son portrait de famille avec Himizu. Cold Fish comme Guilty of Romance saccageaient quelques images d’Épinal nippones: le premier questionnait le rôle du père de famille et la place du viril, le second se penchait sur le sort de la femme japonaise, de l'épouse soumise à la maîtresse femme. Sono Sion n'y va jamais avec le dos de la cuillère, mais ses farces portent, au-delà de leur outrance, un regard acéré sur des hommes et des femmes d'aujourd'hui. Himizu s'intéresse cette fois aux enfants, et est plus que jamais en prise avec notre monde: la catastrophe traversée par le Japon en mars dernier est au centre du récit.
Je connais tout, hormis moi-même. Les jeunes ados de Himizu s'en remettent aux vers de François Villon, un bond dans le temps qui ne fait pas peur à Sono Sion dont les narrations sont toujours aussi aventureuses, de ruptures de ton en labyrinthes du récit. Sumida, gueule blafarde de Robert Pattinson nippon, vient d'une famille détruite. Les ruines autour de Fukushima, ce sont également celles de son cœur et de sa colère. Du désastre est née une pulsion de mort: Sumida rêve que sur les ruines, il trouve une arme pour se tuer. Dans une société écrasante de conformisme, quel avenir pour le jeune garçon ? Sumida mène un combat: en lutte contre l'effacement progressif (noyé dans l'eau, recouvert de terre dans une tombe creusée pour un autre), il se badigeonne de couleurs et devient une tache multicolore dans la ville japonaise, une tache qui hurle et qui court. Comme dans Cold Fish et Guilty..., Himizu raconte des personnages en lutte contre ce que la société attend d'eux. Le professeur, en classe, attend que ses élèves, comme tout Japonais, se lèvent face au désastre. Et ceux qui ne le peuvent pas ? Ou ne le souhaitent plus ? Comment devenir libre, trouver son identité propre dans un tel marasme, national ou familial ? Sono Sion n'offre pas de réponse réconfortante, privilégie la claque à la caresse, mais pourtant, parfois, le bonheur est esquissé, au moins imaginé.
L'ombre poète, punk et contestataire de Koji Wakamatsu planait déjà sur les précédentes œuvres furieuses de Sono Sion, lui-même poète. Le cinéaste poursuit le geste avec ce chant désespéré qui tourne au hurlement. Himizu est probablement son œuvre la plus émouvante. On sait déjà qu'on oubliera pas de sitôt les derniers instants de ce grand film. Trouvera t-il enfin la place qu'il mérite dans les salles françaises ?
6/6
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Compétition officielle
The Raid
Une citadelle imprenable au cœur des bidonvilles de Jakarta., le refuge d'un insaisissable baron de la drogue. Personne n'a jamais encore osé s'y aventurer, avant qu'une unité de policiers d'élite n'y soit envoyé en secret pour capturer le trafiquant. Au cours d'un raid éclair mené au petit matin, un indic les repères et en informe immédiatement son patron. Celui-ci ordonne alors à ses troupes de bloquer toutes les issues et d'éteindre toutes les lumières. Prisonniers du bâtiment, les policiers vont devoir affronter les tueurs, étage après étage, pour réussir à s'en échapper, à survivre et à s'en sortir.
Gareth Huw Evans, un jeune réalisateur gallois installé à Jakarta, a fait la connaissance du Pencak Silat, un art martial ancestral indonésien, il y a quelques années, et ne semble pas s'être remis de cette rencontre. Car après lui avoir consacré un documentaire puis l'avoir mis à l'honneur dans son deuxième long-métrage Merantau, le voici qui revient avec un nouvel actionner à faire passer le moindre de vos FPS pour une comédie romantique et où la technique de combat y tient une place plus que prédominante. Décomplexé et surtout assumé jusqu'au bout, The Raid donne le ton en moins de cinq minutes: ce sera un film de combat ultra vénère et sans répit.
Doté une mise en scène sèche et d'un montage dynamique, le troisième long du réalisateur/scénariste/monteur est un véritable plaisir à l'état brut imprimé sur celluloïd qui se déguste comme une bonne série de droite dans le buffet, un film aussi exutoire qu'un bon gros morceau de hard rock, où la tension monte étage après étage, ou l'on martèle du sbire comme Dave Grohl martèle ses fûts (avec précision, puissance et furie) et qui ravive le doux souvenir du A Toute épreuve de John Woo pour la quantité d'action desservie minutes après minutes. Vous l'aurez donc compris, The Raid et son huis clos désespéré ne triche pas, et combine à lui seul un nombre incalculable de fusillades, de hurlements, d'os brisés, de gorges tranchées et de poignards plantés à faire pâlir dix années de films d'action made in Hong-Kong! Bref, on est venu, on l'a vu et on a été vaincu!
Gareth Huw Evans, un jeune réalisateur gallois installé à Jakarta, a fait la connaissance du Pencak Silat, un art martial ancestral indonésien, il y a quelques années, et ne semble pas s'être remis de cette rencontre. Car après lui avoir consacré un documentaire puis l'avoir mis à l'honneur dans son deuxième long-métrage Merantau, le voici qui revient avec un nouvel actionner à faire passer le moindre de vos FPS pour une comédie romantique et où la technique de combat y tient une place plus que prédominante. Décomplexé et surtout assumé jusqu'au bout, The Raid donne le ton en moins de cinq minutes: ce sera un film de combat ultra vénère et sans répit.
Doté une mise en scène sèche et d'un montage dynamique, le troisième long du réalisateur/scénariste/monteur est un véritable plaisir à l'état brut imprimé sur celluloïd qui se déguste comme une bonne série de droite dans le buffet, un film aussi exutoire qu'un bon gros morceau de hard rock, où la tension monte étage après étage, ou l'on martèle du sbire comme Dave Grohl martèle ses fûts (avec précision, puissance et furie) et qui ravive le doux souvenir du A Toute épreuve de John Woo pour la quantité d'action desservie minutes après minutes. Vous l'aurez donc compris, The Raid et son huis clos désespéré ne triche pas, et combine à lui seul un nombre incalculable de fusillades, de hurlements, d'os brisés, de gorges tranchées et de poignards plantés à faire pâlir dix années de films d'action made in Hong-Kong! Bref, on est venu, on l'a vu et on a été vaincu!
5/6
Christophe Chenallet
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Action Asia
Pink
La vie des habitués d'un bar délabré, nommé Pink.
L'âge d'or où les grands films coréens sortaient à la queue leu leu sur les écrans français est révolue, et si de nouveaux noms continuent à brillamment émerger en festivals, seuls quelques cinéastes stars semblent assurés de trouver un écho chez nos distributeurs sans finir directement dans la case dvd. Or les films de Jeon Soo-il, moins connu ici que pas mal de ses compatriotes, sortent aussi chez nous. On avoue ne pas toujours s'en être rendu compte. Et en découvrant Pink, on avoue aussi trouver ça dommage qu'il puisse sortir alors que des long-métrages nettement plus réussis tels que Bedevilled n'ont pas cette chance.
Pink n'est pas un film horrible. Mais c'est un film diablement exigeant. Il en faut de la patience pour ne pas se décourager face à la première moitié du film, terne et lente, à base de pluie à travers les carreaux et de bribes de conversations s'étirant dans le vide. Le long métrage fait beaucoup d'efforts pour ne pas se donner facilement, et ce jusqu'à devenir presque pédant. Et pourtant subrepticement (presque subliminalement), certaines scènes viennent réveiller l'attention. Les fugaces apparitions fantomatiques d'un vieil homme que seule l’héroïne semble voir sont ce que le film réserve de meilleur, car elles offrent enfin un élément de surprise dans les rouage trop prévisibles du quotidien jusqu'ici dépeint.
L'autre bonne surprise c'est que ces scènes apportent un sous-texte assez glauque qui vient en quelque sorte piétiner la folie douce un peu gnan-gnan qui caractérisait le film. Un grand garçon courant tout nu sur la plage, un gamin surprenant "cocassement" sa mère en plein coït… ces blagounettes avaient quelque chose de trop naïf et injustifié pour être à eux seuls le support de la singularité du film. Il faut attendre jusqu’au bout pour voir épaissir le mystère qui manquait un peu trop jusqu’ici, mais cela donne l'impression désagréable que le film ne traite de son vrai sujet que lors du dénouement (d'ailleurs ne lisez pas le pitch officiel disponible sur le site du festival, il spoile sans vergogne). Problème: mises bout à bout, ces scènes équivalent à environ dix minutes de film. C'est un peu ridiculement court.
2/6
L'âge d'or où les grands films coréens sortaient à la queue leu leu sur les écrans français est révolue, et si de nouveaux noms continuent à brillamment émerger en festivals, seuls quelques cinéastes stars semblent assurés de trouver un écho chez nos distributeurs sans finir directement dans la case dvd. Or les films de Jeon Soo-il, moins connu ici que pas mal de ses compatriotes, sortent aussi chez nous. On avoue ne pas toujours s'en être rendu compte. Et en découvrant Pink, on avoue aussi trouver ça dommage qu'il puisse sortir alors que des long-métrages nettement plus réussis tels que Bedevilled n'ont pas cette chance.
Pink n'est pas un film horrible. Mais c'est un film diablement exigeant. Il en faut de la patience pour ne pas se décourager face à la première moitié du film, terne et lente, à base de pluie à travers les carreaux et de bribes de conversations s'étirant dans le vide. Le long métrage fait beaucoup d'efforts pour ne pas se donner facilement, et ce jusqu'à devenir presque pédant. Et pourtant subrepticement (presque subliminalement), certaines scènes viennent réveiller l'attention. Les fugaces apparitions fantomatiques d'un vieil homme que seule l’héroïne semble voir sont ce que le film réserve de meilleur, car elles offrent enfin un élément de surprise dans les rouage trop prévisibles du quotidien jusqu'ici dépeint.
L'autre bonne surprise c'est que ces scènes apportent un sous-texte assez glauque qui vient en quelque sorte piétiner la folie douce un peu gnan-gnan qui caractérisait le film. Un grand garçon courant tout nu sur la plage, un gamin surprenant "cocassement" sa mère en plein coït… ces blagounettes avaient quelque chose de trop naïf et injustifié pour être à eux seuls le support de la singularité du film. Il faut attendre jusqu’au bout pour voir épaissir le mystère qui manquait un peu trop jusqu’ici, mais cela donne l'impression désagréable que le film ne traite de son vrai sujet que lors du dénouement (d'ailleurs ne lisez pas le pitch officiel disponible sur le site du festival, il spoile sans vergogne). Problème: mises bout à bout, ces scènes équivalent à environ dix minutes de film. C'est un peu ridiculement court.
2/6
Interview de Dominique Blanc
Comédienne incontournable, Dominique Blanc est également membre du jury de cette 14e édition du Festival du film asiatique de Deauville. Nous l'avons rencontrée. Pour lire notre interview, cliquez ici !
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Interview de Corinne Masiero
Corinne Masiero a été l'une des sensations de ce début d'année avec son interprétation très remarquée dans Louise Wimmer. Membre du jury de cette 14e édition du Festival du film asiatique de Deauville, nous l'avons rencontrée. Pour lire notre interview, cliquez ici !
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